Quelque-soit le format, du petit groupe de 10 à la grande convention avec 1000 participants, nous cherchons à aider chacun à s’exprimer plus que d’habitude.
En effet, les enjeux des séminaires impliquent très souvent de « libérer la parole ».
Pour réussir cela, nous constatons qu’il existe deux voies : la face nord, directe mais incertaine, consiste à inviter explicitement les participants à parler plus. La face sud, plus douce, consiste à utiliser des modalités de travail qui amènent naturellement à parler plus.
Nous préférons la face sud, car elle est tout simplement plus efficace, et moins aléatoire. En effet, elle repose moins sur la bonne volonté individuelle que sur des processus éprouvés.
Regardons 2 exemples qui illustrent bien cette « face sud ».
- pour mettre en dynamique les participants en début de séminaire, nous aimons organiser des échanges en binômes (voir recette « binômes successifs »). C’est tout simplement plus facile de parler à une personne plutôt qu’à 10. En faisant cela, nous cherchons à créer dès le début du séminaire une sentiment de sécurité chez le participant, qui lui donne envie de parler plus. Nous lui envoyons également ce signal : « aujourd’hui, nous souhaitons que tu t’exprime »
- dans les grands séminaires, nous installons presque systématiquement des « camps de base » (voir recette « le camp de base ») : ce petit groupe de 4 va devenir au fil du séminaire un lieu dans lequel chacun a du temps pour s’exprimer, et des oreilles pour l’écouter. C’est un pur espace de parole libre, sans enjeu de production.
Au delà des modalités de travail, libérer la parole demande aussi beaucoup d’attention dans notre posture de facilitateur : s’assurer que celui qui parle n’est pas interrompu avant d’avoir fini, aider ceux qui écoutent à ne pas réagir trop vite, inviter à poser des questions de clarification pour s’assurer que le propos a été compris, accuser réception de ce qui a été dit, remercier celui qui ose aborder un sujet important mais délicat, … et milles et unes autres petites attentions.
Pour nous, c’est donc une préoccupation de chaque instant : protéger le « flux » de parole, car il est fragile, telle la flamme d’une chandelle. Un « bon flux » est vertueux, il donne envie à chacun de s’exprimer encore plus.
Soyons aussi conscients qu’il y a un vrai risque à libérer la parole : il arrive qu’elle dérape, que « ça parte en live », avec des sorties de route potentiellement dommageables. Nous devons être vigilants, et compétents : savoir contenir les débordements est un pré-requis lorsqu’on libère la parole.
Alors comment contenir les débordements ? Ce sera le thème d’une prochaine réflexion